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Immunogénétique de l'interface materno-fœtale

. © O. Chazara, O. Chazara
Mis à jour le 29/05/2017
Publié le 22/05/2017
Mots-clés : CONFÉRENCES
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© O. Chazara, O. Chazara

Olympe Chazara

University of Cambridge, Center for Trophoblast Research, UK

Vendredi 2 juin 2017 à 13h15
Centre Inra Île-de-France-Jouy-en-Josas
Salle 271 du bâtiment 230

Introduction

Lors de la grossesse, l'invasion de l'utérus par le placenta doit être correctement calibrée pour assurer que ni le fœtus ni la mère ne soit mis en danger. La majorité des leucocytes résidents dans l’utérus sont des cellules NK utérines (uNKs). L’activation de ces uNKs lors du premier trimestre de la grossesse favorise l’invasion des cellules trophoblastiques d’origine fœtale, ce qui est corrélé au succès de la placentation. L’interaction entre les uNKs maternelles et les cellules trophoblastiques implique la reconnaissance par les récepteurs KIRs (Killer Immunoglobulin-like Receptors) de leurs ligands HLA (Human Leukocyte Antigen).
Méthodes
Les gènes maternels KIRs et HLA-C et les gènes fœtaux HLA-C ont été génotypés rétrospectivement pour plusieurs cohortes, recrutées au Royaume-Uni, en Norvège et en Ouganda. Les génotypes de la mère et du bébé ont été comparés entre des grossesses normales et des grossesses compliquées de pré-éclampsie ou de fausses couches récurrentes. En parallèle, des cellules uNKs ont été analysées par cytométrie de flux, en utilisant des anticorps spécifiques pour les récepteurs KIR.
Résultats
Les analyses génétiques démontrent qu’en présence de nombreux KIRs inhibiteurs chez la mère, le risque de complications est plus élevé. En revanche, la présence d’un ou plusieurs KIRs activateurs est protectrice. En ce qui concerne le poids à la naissance, le même phénomène est observé, les KIRs inhibiteurs sont associés à un plus faible poids alors que les KIRs activateurs sont associés aux poids plus élevés.
La présence, chez le fœtus, des ligands HLA correspondants à ces KIRs, en particulier HLA-C2, amplifie les effets observés. Ceci est d’autant plus marqué quand ces gènes HLA-C sont d’origine paternelle.
Il est également possible de détecter des interactions génétiques, positives ou négatives, entre les gènes KIRs et HLA-C, à la fois chez la mère et entre la mère et le fœtus.
Ces observations au niveau génétique se traduisent au niveau fonctionnel par plusieurs phénotypes des cellules uNKs. Celles-ci se distinguent des cellules NKs du sang par une plus importante expression des récepteurs KIRs reconnaissant HLA-C. Par ailleurs, l’activation des cellules uNKs se traduit par de la dégranulation et la production de cytokines et chimiokines favorisant l’invasion de l’utérus par les cellules trophoblastiques fœtales.
Conclusion
A l'interface materno-fœtale, les gènes KIRs / HLA-C sont des déterminants significatifs du succès de la grossesse. Les cellules uNKs et les cellules du trophoblaste jouent un rôle important dans le développement du placenta au premier trimestre.

Invitée par Bertrand Bed’Hom, UMR1313 Génétique Animale et Biologie Intégrative
et Olivier Sandra, UMR1198 Biologie du Développement et Reproduction