Le virus de Borna : un virus équin impliqué dans des maladies du cerveau chez l’Homme ?

Marquage de neurones enrichis en DHA issus de cellules souche de cerveau de rat. Ces cellules sont responsables de la transmission de l’influx nerveux. Le DHA, acide gras oméga 3 fortement présent dans le cerveau, favorise la croissance des prolongements neuronaux, et par conséquent la communication inter-cellulaire. Les noyaux des cellules sont colorés en bleu, et les protéines du cytosquelette en vert (associer avec les images PCD9101-IMG0121.PCD et PCD9101-IMG0122.PCD).,. © Inra, HEBERDEN Christine
Mis à jour le 29/05/2017
Publié le 06/12/2016
Mots-clés : BREVES
Marquage de neurones enrichis en DHA issus de cellules souche de cerveau de rat. Ces cellules sont responsables de la transmission de l’influx nerveux. Le DHA, acide gras oméga 3 fortement présent dans le cerveau, favorise la croissance des prolongements neuronaux, et par conséquent la communication inter-cellulaire. Les noyaux des cellules sont colorés en bleu, et les protéines du cytosquelette en vert (associer avec les images PCD9101-IMG0121.PCD et PCD9101-IMG0122.PCD).,. © Inra, HEBERDEN Christine
© Inra, HEBERDEN Christine
Des chercheurs de l’Unité Virologie* et leurs partenaires apportent des éléments de réponse.  Ils démontrent pour la première fois qu’une protéine du virus de Borna est capable de perturber la formation de neurones du cerveau humain. Leurs résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle certaines maladies neuropsychiatriques pourraient être d’origine virale. Ils sont publiés dans la revue PLOS Pathogens.

Un virus qui s’attaque aux cellules cérébrales chez l’animal

Le virus de Borna ou bornavirus affecte essentiellement les chevaux et les moutons. Responsable de la maladie de Borna, il s’attaque aux cellules nerveuses des animaux et provoque  encéphalites et/ou troubles du comportement pouvant conduire à la mort des animaux. Chez les chevaux infectés, le taux de mortalité varie entre 80 et 100 %. Il dépasse 50 % chez les moutons.

Le virus de Borna, un sujet à controverse

Un certain nombre d’études épidémiologiques, chez l’Homme, et expérimentales, chez l’animal, ont suggéré que des virus pouvaient entrainer des dysfonctionnements des cellules du cerveau sans toutefois entrainer leur mort. Il a été proposé que de tels mécanismes pourraient être responsables de maladies chroniques du système nerveux central. Ils pourraient ainsi être à l’origine de certaines maladies psychiatriques ou neurologiques dont les causes ne sont pas encore connues.
Ceci a notamment été évoqué pour le virus de Borna. Depuis les années 1980 différentes études réalisées chez l’Homme ont en effet suggéré que des patients atteints de maladies psychiatriques avaient été exposés au virus de Borna. Mais toutes les études ne convergent pas. D’autres au contraire ont révélé l’absence d’évidence de l’implication du virus de Borna chez des patients schizophrènes. Et à ce jour, aucune preuve formelle du pouvoir pathogène de ce virus n’a été apportée.
Pour évaluer les risques de pathogénicité du virus, les recherches actuelles s’intéressent à comprendre comment il peut perturber les fonctions cérébrales chez l’animal ou  l’Homme. Par quels mécanismes les cellules et les molécules virales peuvent-elles intervenir ? Les chercheurs de l’Unité Virologie* et leurs partenaires ont ainsi étudié les interactions que pouvaient développer le virus de Borna avec des cellules humaines spécifiques du cerveau. Ils ont choisi des cellules dont le dérèglement est mis en cause dans de nombreuses maladies psychiatriques (dépression, psychose, démence…).

Un virus capable d’infecter des cellules humaines du cerveau…

Les chercheurs se sont intéressés à des cellules clé du système nerveux central chez l’Homme : les cellules souches neurales. C’est à partir de ces cellules que sont en effet produits les deux types cellulaires majeurs du cerveau : les neurones et les astrocytes. Les chercheurs ont montré que le virus de Borna était capable d’infecter des cellules souches neurales humaines cultivées in vitro. Ils ont en outre observé que la capacité des cellules infectées à générer des neurones était altérée. La formation des  astrocytes par les cellules souches infectées n’était en revanche pas affectée.