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Comment les bovins Charolais se sont adaptés aux conditions tropicales ?

Mis à jour le 31/07/2018
Publié le 31/07/2018
Mots-clés : BREVES

Le climat tropical de Cuba est assez défavorable à l’élevage du bétail, en particulier aux bovins. L'étude des processus d'adaptation des races bovines au climat tropical est de ce fait essentielle pour améliorer les conditions de gestion et de production. Normalement, sous ce climat, les races les mieux adaptées sont les zébus (Bos indicus) alors que les races bovines européennes (Bos taurus) souffrent du stress thermique et sont très sensibles aux maladies (parasites…). Toutefois, certaines populations européennes se sont adaptées avec succès au climat cubain. Parmi elles, les "Charolais de Cuba". Cette race d'origine française résulte d’animaux Charolais français importés au début du XXe siècle. L’élevage d’animaux Charolais s'est répandu sur toute l'île grâce à des importations en 1919 et 1938 mais, suite à l’embargo américain, les importations et le brassage génétique en résultant, ont cessé. Depuis, des programmes de conservation et d'amélioration génétique ont été développés à Cuba, en particulier dans le centre génétique Manuel Fajardo situé à Jiguani (province de Granma). La façon dont ces animaux Charolais se sont adaptés était inconnue. Jusqu'à présent, aucune étude n'a été réalisée pour caractériser leur diversité génétique et leur relation avec d'autres races bovines.

La comparaison de la diversité génétique d’une quarantaine d’animaux Charolais de Cuba avec des animaux de plusieurs dizaines de races bovines, dont des Charolais français a permis, comme attendu, de mettre en évidence une relation étroite entre les animaux charolais cubain et français (environ 95% de “similitude génétique”). Cependant, ce sont précisément dans ces 5% de différences, distribuées sur 104 régions différentes du génome, que se situent les gènes liés à l'adaptation au climat tropical. Par exemple, dans ces régions différenciées, on trouve des gènes impliqués dans la résistance aux maladies, aux changements physiologiques et à la tolérance à la chaleur mais également au développement musculaire. Ce travail n'est pas seulement le point de départ pour comprendre comment les Charolais se sont adaptés aux conditions tropicales, mais il offre aussi de nouvelles opportunités pour caractériser la diversité génétique d’autres races économiquement importantes pour la production bovine à Cuba. Comme indiqué, ces études sont primordiales pour améliorer et optimiser les stratégies de gestion, conservation et d’amélioration des principales ressources génétiques de Cuba et plus généralement des régions tropicales. Les résultats de ces travaux devraient également permettre de sélectionner des animaux d’autres races plus résistants à la chaleur, une aptitude qui devient de plus en plus importante, avec le réchauffement climatique.
Cette étude a été menée grâce au soutien de l'Ambassade de France à Cuba, du Ministère cubain de l'Agriculture et à la collaboration de chercheurs de l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA) de Jouy-en-Josas (Unité GABI), de l'Institut de Recherche et de Technologie Agroalimentaire de Catalogne (IRTA), du Centre de Recherche en Agro-Génomique (CRAG) de Barcelone (Espagne) et de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Granma (Cuba).